samedi 9 février 2013

Macabre réalisation de la transition.


Damnation d’une action de trahison nationale.
 (malédiction à la main qui a financé,
 armé, dicté, ou commis le crime)
صدق الله العظيم.
Hommage à Chokri Belaïd, un militant sincère, un fils digne de la Tunisie reconnaissante à ses martyrs.
Le passé peut éclairer le présent, d’autant qu’il porte la trace de faits avérés qui ne peuvent s’accommoder de spéculation, notamment lorsqu’ils s’attachent aux données qui ont fortement secoué la conscience et marqué le destin d’une nation.
La popularité d’un courant politique, lorsqu’il s’inscrit dans le feu de l’action d’une période de transition, face à un pouvoir chancelant, qui plus est, en déficit de bilan d’action, ne peut que le placer en point de mire et la cible de sa vindicte et de son acharnement, à le détruire, à en découdre avec ses partisans.
La crise était à nos portes, alors que l’on s’aveuglait à vouloir l’occulter. Toute l’Europe, après les Etats Unis d’Amérique,  en était frappée de plein fouet. Effondrement de gigantesques centres financiers, la croissance essoufflée, l’industrie mise à rude épreuve, faute de marchés, le chômage s’aggrave, l’inflation et l’érosion du pouvoir d’achat accentuant le malaise social, partout dans le monde dont notre pays n’en fut épargné.
Le choc des difficultés sociales se trouve, en Tunisie, ravivé par un déficit de participation démocratique populaire et la marginalisation qui touche des franges de plus en plus larges de la population.
Le ressentiment des laissés pour compte ne cesse de s’approfondir, enracinant la prise de conscience collective, de revendications politiques, économiques et sociales d’équité et de justice, de développement, de croissance, de dignité et de valeurs.
Le recours à la revalorisation des valeurs, en tant qu’arme de lutte contre l’injustice et la corruption ayant mené à favoriser, l’élection à la Constituante, en octobre 2011, des partis islamistes supposés incarner ces valeurs, mais qui ont malheureusement trahi les espérances placées sur leur action, qui s’est avérée, désastreuse sur tous les plans, tant économiques, politiques, sociaux, et notamment sur le plan de la probité, engendrant un fiasco de considération de leur direction de cette phase de la transition.
Tergiversant sur leur bilan, qui ne peut mener qu’à leur élimination de la scène politique, ils se rabattent sur les manœuvres dilatoires pour préserver leurs acquis, se maintenir à leurs postes ministériels.
Aucune exigence essentielle de la transition démocratique n’a été accomplie, à l’exception d’une mouture de constitution, couronnant les travaux de l’ANC, vidée de sa substance, laisse perplexe sur les choix fondamentaux, qui  ne tranchent point sur les questions fondamentales, dont les valeurs universelles des droits de l’homme, le statut de la famille et la confusion sur le cadre démocratique du pays que certains veulent placer sous la sacro sainte protection d’un Conseil Supérieur Islamique, supplantant le Conseil Constitutionnel, pour en faire un instrument pour l’introduction de fait de la Charia.
Aucun engagement à respecter, ne serait-ce que sur le plan institutionnel, de l’autorité autonome du pouvoir judiciaire, devant garantir l’indépendance de ce pouvoir et garantir sa neutralité.
De même, que le texte de projet de loi régissant l’Instance autonome pour l’organisation des élections, dont l’indépendance des partis politiques et du pouvoir exécutif est essentielle pour assurer l’autorité de son arbitrage en matière électorale ne rencontre point l’assentiment général, tant il consacre la représentation sur une base de choix partisane.
La loi électorale, l’Instance pour l’Information et les média, les questions inhérentes à la sécurité du pays et des citoyens, le maintien de l’ordre et la protection de la société civile, dont les partis politiques, dans leur action, face aux exactions qu’ils subissent, de ligues auto proclamées de protection de la révolution, pour garantir leur liberté d’action, sont là pour jeter un doute sur la volonté de sortir le pays de cette phase difficile de sa transition.
L’opposition et les partis politiques la formant, dont notamment le front populaire, qui a marqué par sa forte présence dans toutes les régions, une menace sévère aux partis qui se considèrent dominants, et que ces derniers  taxent de connivence avec la Centrale Syndicale contrariant leurs desseins d’accaparation exclusive du pouvoir.
L’appel avec force de l’opposition et notamment du martyr Chokri Belaïd, victime le 6 févier 2013, d’un vil assassinat commis par un criminel rétribué, alors qu’il quittait son domicile, de bon matin :
- pour la maitrise des mouvements agressifs, usant de la force pour intimider les acteurs de la vie politique dans leur mission démocratique, légale de mobilisation et d’encadrement de leurs adhérents et sympathisants, notamment celle des partis politiques,
-pour l’implication de toutes les composantes sociales, dans l’organisation d’un débat national sur les questions intéressant le devenir du pays et la solution des grands dossiers de développement,
-l’implication de toutes les forces vives pour la lutte contre la violence, notamment envers les partis politiques de l’opposition des représentants de la société civile,
En ont fait la cible et l’obstacle à leurs manigances pour se maintenir au pouvoir au détriment de leurs contre performances sur tous les plans.
L’Histoire nous enseigne que la popularité de certains symboles,   conduisant des mouvements de masse, les a mis en cible des forces, dont ils contrarient les projets d’hégémonie, et à la merci des balles d’hommes des basses besogne, simples d’esprit, faibles de croyance, de morale et de conscience, dont on s’est chargé d’en laver les esprits, les instrumentalisant tantôt en les leurrant  de sanction de paradis et d’amnistie morale de leurs macabres forfaits, si ce n’est leur intéressement matériel, profitant de leur dénuement, de leur désespoir, de leur misère intellectuelle et d’intelligence. Oubliant que Dieu dans son saint Coran a promis le châtiment de  l’enfer à ceux qui attentent à la vie d’un croyant, la malédiction et le discrédit  dans ce monde et dans l’au-delà.