jeudi 8 janvier 2015

Folie meurtrière

La tentation de l'abîme : un agent de police est égorgé par ses voisins au Fahs en Tunisie
A la recherche de l'enfer, ils auraient fait leurs prières du soir et sortis trouver une proie à leurs desseins macabres, pour retrouver le paradis. Un policier, gardien de la paix sociale, se trouvait sur leur chemin, il s'en trouve que c'est un voisin, nonobstant les enseignements de leur prophète qui leur dicte de protéger, d'aider, de soutenir, qui plus est qu'ils connaissaient, et qui fréquenta le même établissement scolaire que l'un d'eux. 
Satan glorifie leur projet, leur promet une place de choix à ses côtés.
A trois ils s'acharnent pour l'abattre, l'égorger, le tuer, sacrifice rituel de leur forfait, en vue de rejoindre l'éternité.
Ayant assouvi leur rancoeur de la société, des serviteurs de l'Etat, de l'ordre qu'ils ne concoivent exclusivement que sombre, à l'image de leurs idées, plus obscures qu'obscurantistes, horribles, noirs de désespoir.
Ils accomplissent leur destin d'assassins attitrés, de candidats pour l'enfer de leur bornement, leur aveuglement, leur traitrise de Dieu et de sa création, sur terre comme dans les cieux,

Charlie Hebdo : un attentat de crédulité,Un criminel est un criminel, si l'Etat a le monopole de l'usage de la force pour imposer l'ordre, aucun ne peut s'octroyer le droit de se poser en justicier, de son obscurantisme, en maître de l'horreur, l'ignorance est flagrante, je rejoins le président Egyptien pour appeler ceux qui se présentent en dépositaires de la vérité théologique, de réviser leur approche de finalité. 
La religion est transcendante à l'humanité pour servir la vie et non pour répandre la mort, pour éclairer la voie pour le progrès et pour un meilleur être de l'homme.
الدين يسر و لم ينزله رب العالمين عسرا و لا نقمة من الإنسان الذي استخلفه الله في الأرض لينشر الأمن والسلام لا الموت والإجرام.
(من قتل نفسا بغير نفس أو فساد في الأرض فكأنما قتل الناس جميع(صدق الله العظيم 

jeudi 18 décembre 2014

Le Piège du passé

Le piège : du noyautage du parti
à la déposition du président à vie
Se prendre à son propre jeu, se faire une bonne conscience d’une mauvaise cause.
Combattre les moulins à vent telle se trouva la cause de Donquichotte. Les diviseurs ne peuvent rassembler, tout projet en dehors de l’engagement national ne peut être qu’une trahison communautaire.
Rétablir les droits de l’homme, les libertés fondamentales et consacrer le principe d’un pouvoir démocratiquement constitué, où l’alternance est assurée par le jeu des mécanismes de choix participatifs de libre expression et de détermination constitutionnelle, son projet républicain.
Au début des années 70, et consécutivement au mouvement de revendication estudiantin, le réveil de la nouvelle génération de l’indépendance, formée par la jeune université tunisienne, à l’exemple de leurs aînés, qui se sont mobilisés dans le mouvement d’émancipation nationale et bravé la férocité de la répression de l’occupant, leur combat pour la libération du pays du joug colonial, trouvait son corollaire dans une pléiade de jeunes dont l’aspiration « révolutionnaire » se trouva la revendication de prendre part à la construction de l’Etat démocratique.
Des courants idéologiques de groupes d’activistes se formèrent revendiquant la participation à la construction de l’Etat, une prise de conscience identitaire se formait, parallèlement, sur la base des constituants culturels de valeurs morales et  ethniques.
Dans le sillage de la crise économique, politique et sociale, engendrée par l’échec de l’expérience collectiviste du mouvement coopératif,  les groupes gauchistes, qui ont adhéré à cette orientation,    dans laquelle ils ont vu une planche de salut pour le pays et un choix de programme qui les mobilisait, se trouvèrent dans le collimateur du pouvoir central autant que les éliminés de ce processus.
Cependant, Tout en gardant l’orientation d’apparat socialiste, le PSD prenait un revirement à 180°, à la suite d’une  consultation nationale. De larges franges populaires se sont exprimées, dans un sens libéral,  une nouvelle orientation  de la politique économique est mise en œuvre avec l’abandon des hommes «  du système coopératif » dont les figures de proue se retrouvèrent devant les assises de la court de sûreté de l’Etat, ou passés en disgrâce.
La consultation politique nationale appâta les réformistes au sein du parti, qui ambitionnaient d’introduire une ouverture politique d’accompagnement au libéralisme économique mise en œuvre par le Gouvernement Nouira, qui succéda à Béhi Ladgham au Premier Ministère.
Devant la détérioration de l’état de santé du président de la République, le dernier carré le défendant se retranchait pour sauver ce qu’il en reste de légitimité historique du pouvoir pour Bourguiba, le Congrès du Parti de Monastir en 1971 qui devait trancher quant à la nouvelle orientation politique du pays démocratique et libérale fût coupé court, une querelle de forme sur la question de la désignation du Bureau Politique à savoir au choix du président ou à l’élection par le Comité Central du Parti devait aboutir à une mise à l’écart du « clan » qui osait imposer au chef incontesté en invoquant  le droit de décider par voie électorale.  
Ainsi, tous les défenseurs de la démocratisation des instances du PSD se trouvaient passés en disgrâce entre démissionnaires et exclus du Parti( Bourguiba, se délectait à assurer que celui qui perdait sa confiance, sortait de la mémoire nationale et s’éclipsait du paysage).
Si la crise au sein du PSD consécutive à l’abandon du collectivisme coopératif devait voir ses partisans former le Mouvement de l’Unité Populaire, dissident, la crise consécutive au Congrès de Monastir de 1971 devait aboutir à la création du Mouvement des Démocrates Socialistes avec les figures de marque tel que Hassib Ben Ammar, Radhia Hadded, Ahmed Mestiri, Béji Caied Essebsi, Mohamed Salah Belhaj, Sadok Ben Jemaa, Mohamed Ben Ismaïl, Mohsen Boulahya et autres..en somme le parti s’est trouvé vidé de la majorité de ses compétences dirigeants et militants.
A la dissolution des Comités de Coordination et l’exclusion des militants sincères, des messages d’appui fusèrent de la Centrale Syndicale, dirigée par Habib Achour, des syndicalistes occupèrent les premiers rangs des rouages du parti, présidence de cellules destouriennes, secrétariat général de Comités de Coordination, un maquillage de façade, une pléiade, de nouvelles recrues inexpérimentées meublèrent le nouveau paysage partisan.
C’est dans ce cadre et consécutivement au Congrès du parti de Monastir 2 en 1974, qui décida de l’adoption du multipartisme et également d’adopter le principe de présenter la présidence à vie de Bourguiba que la vie politique du pays se trouva confortée par l’apparition de nouveaux partis politiques.
C’est dans le cadre de ce paysage qu’éclose un multipartisme et l’apparition de nouveaux organes de presse d’opinion, qui reflètent d’autres sensibilités partisanes.
Plusieurs contributeurs apportèrent leur réflexion dans ce courant dont notamment Erraï ( l’opinion) organe du MDS.
Le renforcement du mouvement syndical mené par Habib Achour, permis une amélioration sensible de la situation de la classe moyenne favorisé par l’ouverture économique que connaissait le pays et  le développement des Investissements Directs Etrangers.
Une double exploitation du rôle de plus en plus important joué par la Centrale syndicale à la faveur de la prépondérance de ses cadres à l’intérieur  du Parti au pouvoir et la bonne presse que trouvait son action  en faveur de la classe ouvrière, qu’elle menait, devait conforter des ambitions politiques de la Centrale et notamment de ses dirigeants, dans cette atmosphère de course entamée pour la succession que la santé de Bourguiba ouvrait.
Cette lutte devait culminer lors des événements du 26 janvier 1978, consécutifs à la grève générale décrétée par la Centrale Syndicale, qui se termina dans un bain de sang et l’intervention de l’armée pour rétablir l’ordre.
Il s’ensuivit une mise au pas de la  direction de l’organisation syndicale et l’emprisonnement de ses dirigeants, des syndicalistes de deuxième rang, montèrent pour combler la vacance ainsi provoquée.
Les modèles qui s’imposaient sur les plans économique et social portent au pragmatisme et à la modération, les organes de presse de la nouvelle opposition soignaient leur ton, généralement  conciliateur, confortant la stabilité politique et la croissance économique et sociale du pays, l’activisme des groupes de mémorisation du Coran modérés à ses débuts était toléré.
L’action politique en Tunisie post coloniale s’inscrivait d’une part dans le cadre du parachèvement de l’indépendance et d’autre part pour la construction de l’Etat.
Les syndicats ainsi que les organisations : patronale, d’entrepreneurs et artisans ainsi que celle  des agriculteurs s’intégraient dans ce cadre d’esprit de construction nationale en vue de remédier aux plaies et contraintes héritées du passé colonial. Une réalité mettait tous les acteurs de la vie politique dans l’obligation d’unir leurs efforts en vue de venir à bout du manque de moyens et pour combattre la misère, la faim, les maladies et l’ignorance que subissait le peuple tunisien. Là se concentre l’ambition du jeune Etat,  en vue de rétablir la dignité nationale bafouée par une longue et douloureuse occupation.
Le drame youssefiste venait éprouver une nation qui se construisait sur les cendres du passé, l’indépendance vit ses artisans parmi les résistants s’entretuer. Une différence d’approche, une querelle de leadership se posait.
Une majorité de l’opinion, dominée alors par l’orientation  nationaliste arabe de penchant nassérien prônait la solidarité de combat devant l’occupation de toute la région maghrébine, et que l’indépendance d’une partie ne pouvait se concevoir qu’en tant que trahison de l’autre.
Bourguiba défendait la politique des étapes face au tout ou rien de Salah Ben Youssef qui estimait l’autonomie interne accordée à la Tunisie consécutive à la Déclaration de Pierre Mendès France, en juillet 1954 la qualifiant d’un pas en arrière.
Une lutte armée sans merci s’engagea entre les partisans des deux antagonistes, que l’indépendance du pays le 20 mars 1956 ne devait pas apaiser. Les youssefistes intransigeants furent persécutés et contraints à l’immigration, disséminés entre les pays maghrébins, Libye, Maroc, pays du Machrek arabe et la métropole française.
Le courant nationaliste arabe, et la direction algérienne de l’indépendance, notamment Ben Bella garderont une rancune viscérale pour Bourguiba, taxé indument de traître de la cause arabe, que la solidarité de la Tunisie avec la résistance algérienne venait contredire.
Une opprobre frappa les youssefistes passés en disgrâce, leurs familles subissaient les pires humiliations de cette appartenance.
Une haine du régime les habita, Bourguiba, son gouvernement, son Etat, ses réalisations n’interpellent que leurs envies et leur dénigrement, tout est jugé à son contraire, toute avancée recul, toute édification, une destruction.
Le complot youssefiste déjoué, devait marquer le nouvel Etat, Bourguiba fut intransigeant à mettre en exécution la peine capitale prononcée contre les impliqués, civils, militaires, combattants et militants.
C’est dans cet état d’esprit et atmosphère que  certains conçoivent, une revanche  à prendre sur les réalisations qu’ils ne peuvent reconnaître à Bourguiba. Tout est répréhensible, ils seraient même allés à faire le procès à la France de nous avoir accordé l’indépendance, à condamner martyrs et militants, le parti et ses partisans, détruire le temple, là se trouve leur projet.
Cette haine se porte des personnes aux institutions républicaines, l’armée et les forces de l’ordre, les organes de  presse, le pouvoir judiciaire, le cadre constitutionnel et légal, l’histoire devrait être réécrite pour leur donner raison et réhabiliter les siens, du passé ils ne voient que son côté sombre  allant jusqu’à remettre en cause les faits et la force de la chose jugée, confusion d’obnubilés par leurs pensées, s’autodétruisant dans des combats plus d’illusion, de passion que de réalité.
Un procès plutôt d’intention, que de raison, rétroactif est intenté pour juger le passé de personnes et d’institutions sachant qu’en dehors de son contexte historique légal, tout procès est dénué de sens et ne serait qu’un non-sens une contre vérité, un délire d’aliénation, au piège d’idées, d’une avidité de revanche contre productive de division et de suspicion, se portant à une vision rétrospective que de perspective prospective de construction d'un avenir commun solidaire et prospère.


samedi 15 novembre 2014

La formation de l'opinion ( introduction à la recherche sur la formation de l'opinion, formes d'expression et structures mentales)

La formation de l'opinion
 ( introduction à la recherche sur la formation de l'opinion, formes d'expression et structures mentales)

I. Les bases de formation de l'opinion et ses structures : les formes d'expression.
1. La langue : Elément d'identification.
La langue constitue le moyen naturel de communication et d'identification de base du groupe social, se caractérisant par des règles strictes de prononciation et de composition, des déclinaisons particulières s'attachent aux régions, à certaines familles, des codes de milieux, de générations, de classe et de culture, au sens large de son acception d'implication d'action, d'adoption, de prestance de représentation.
Celle-ci caractérise la formation nationale d'identification: arabe, français, anglais, américain, chinois, espagnol, portugais, allemand, turque, .....ses ramifications délimitent des sous groupes de dialectes régionaux et de formation sociale identitaire, flamand, vallons, catalan, amazigh, kurdes, touareg, kabyles....,
Outre la langue matrimoniale, l'apprentissage des langues étrangères consécutif à la domination de la période coloniale: français, anglais, espagnol, portugais et le russe pour l'Europe de l'Est, ainsi que les exigences et contraintes de la mondialisation a astreint les pays du Nord au développement de l'enseignement des langues étrangères, compte tenu du développement des échanges interculturels. Le développement des moyens d'échanges et de communication a favorisé le rapprochement des peuples, une nouvelle civilisation caractérisée par l'interaction entre les cultures et les civilisations prend forme, uniformisant les concepts, les idées, les formes  et les normes d'organisation politique et sociale..
2. La culture:
A chaque langue, une culture sous-jacente: arabo-islamique ou laïque, germanique, hispanique, anglophone, francophone, japonaise, chinoise, avec ses références sociales, politiques, d'histoire, de courants de pensée et ses hommes symboles de sa culture avec leur héritage d'écrits ou d'autres supports de création et d'expression :art plastique, cinématographique, théâtral, en prose ou poétique, architectural, idéologique, scientifique, d'usages, de coutumes, gastronomique, vestimentaire.
Un référentiel commun au groupe le caractérise, un héritage d'idées, d'histoire victorieuse ou moins glorieuse, forme le fond de sensibilité sociale partagée dont la défense constitue un ciment de perpétuation d'une identité pouvant forger une nation.
3.L’acculturation anthropologique culturelle.
La Tunisie a été soumise tout au long de son histoire à une succession de vagues d’influences d’envahisseurs et d’immigration qui ont imprégné l’identité de son peuple,  sa perception, son approche, le caractère tranché d’ouverture et de tolérance qui marque sa modération, la diversité et la richesse de sa culture, de sa civilisation.
Multiconfessionnelle, la Tunisie a été le creuset de plusieurs civilisations, dont la culture arabo-islamique, berbère, forme l’essentiel de sa structure ethnique, les souches de sa population de religions monothéistes Islam, Judéo-chrétienne sont non seulement tolérées mais cohabitent pacifiquement et y tiennent librement leurs chapelles, synagogues et mosquées
L’immigration des chassés d’Andalousie : à partir de 1607,  une immigration civilisatrice commença.
L’épuration ethnique de l’Andalousie, consécutive à sa libération du joug arabo-islamique, d’Espagne occasionna une immigration de la population de confession musulmane chassée vers le sud de la méditerranée dont la Tunisie en accueilli une partie.
Cette immigration a permis le transfert de modes de vie, d’industries, une révolution artistique, urbanistique et culturelle imprégna la société tunisienne, la renaissance culturelle sous jacente qui s’ensuivit bouleversa le mode de vie aussi bien de la population émigrée que de la Tunisie, une nouvelle société émergea(voir histoire de la Tunisie de Hassen Hosni Abdelwahab) :
_ développement de nouveaux systèmes d’irrigation,
_le tissage de la soie,
_la production de couvre chef traditionnels(chéchia),
__la production céramique,
_l’essor urbanistique : de nouvelles agglomérations ont été constituées dont notamment Slimane, Grombalia, Jedaïda, Zaghouan, Tebourba, Medjaz El Bab, Testour, Kaalaat Landalous, des quartiers de Tunis ville.
_enrichissement des arts et des lettres, notamment la musique traditionnelle andalouse (le malouf), adopté par une large frange de la population,
_ la sculpture du marbre et du gypse.

La Tunisie post coloniale :
La colonisation française de la Tunisie a engendré une acculturation forcée dont l’empreinte s’est retrouvée concrétisée dans une syncrétisation culturelle (métissage culturel). Ainsi, l’enseignement de la langue française a-t-il été développé dans les écoles publiques, l’enseignement de la langue arabe s’est retrouvé négligé. à l’exception dans les systèmes zeitounien et  Sadikien.
Sur le plan urbanistique, la ville arabe s’est vu doublée de nouveaux quartiers d’architecture occidentale, réservés aux colons, deux villes se côtoyaient : arabe et moderne. La population locale s’est progressivement modernisée sur les plans vestimentaire, de coutumes, et de nouvelles habitudes culinaires introduites.
Les échanges commerciaux se réalisaient à 80% avec la France, et le développement du réseau ferroviaire devait s’orienter en vue de faciliter le transport de la production agricole et des richesses minérales de l’intérieur du pays vers la cote en vue de son exportation. Le développement de la production manufacturière consacra la transformation de la vie quotidienne de la population autochtone.
La colonisation a favorisé en Tunisie le développement de l’apprentissage et de l’utilisation de la langue française ainsi que des valeurs de la culture et de la civilisation, des idées, de l’histoire de ce  pays. La formation des élites dans les universités notamment françaises devait consacrer un éveil national et une conscience de valeurs universelles, bafouées par la pratique coloniale, deux mondes se côtoyaient dont le niveau de vie sépare.
Cette prise de conscience de l’élite devait favoriser l’émergence du mouvement national et la libération du pays, une conscience de citoyenneté et des valeurs républicaines consécutivement à la perception de son élite de l’absurdité du pouvoir beylical, rémanence d’un empire colonial ottoman, depuis longtemps démembré.
L’indépendance du pays et la construction de l’Etat moderne, sur la rive sud de la méditerranée, avec le développement de rapports d’interdépendance avec l’ancien colonisateur, s’il consacra une certaine émancipation sociale et économique n’en favorisa pas moins une conscience de domination culturelle et d’assimilation réductrice.
Alors que la mondialisation uniformisait la société post coloniale et que la science et les techniques rapprochaient les approches de développement. Un courant culturaliste ne percevait pas moins que cette ouverture altérait la culture arabo musulmane et portait atteinte à son authenticité.
Si le printemps arabe a favorisé un militantisme en faveur de la démocratisation sociale, politique et culturelle, un mouvement inverse ne se dessinait pas moins prônant le retour aux valeurs traditionnelles ancestrales.
L'éclosion et le développement de ce mouvement trouve ses racines à la décolonisation de la domination soviétique en Afghanistan  perçue non seulement en tant que libération nationale mais notamment en tant qu'une lutte pour une libération confessionnelle, appelant à retrouver les valeurs radicales de l’Islam en combattant tout aussi bien le monde soviétique qu’occidental qui menaçait sa civilisation d’extinction et son identité de disparition.
Une négation du cadre national et étatique s’ensuivit et un militantisme agressif armé pour un cadre confessionnel doctrinal traditionnel se développa, menaçant le statu quo géopolitique de la région.
L’acculturation consécutive au développement du tourisme et aux phénomènes migratoires :
L’accueil par la Tunisie d’un nombre important de touristes de diverses nationalités, langues, cultures et civilisations a favorisé les échanges réciproquement enrichissants et le développement tout autant économique, social, éducationnel que culturel de création.
L’ouverture de l’espace médiatique, notamment la communication satellitaire, a également favorisé le développement de phénomènes comportementaux et de transport d’idées et de coutumes, qui ont marqué l’évolution et les clivages idéologiques dans nos contrées, si certaines ont favorisé l’ouverture et l’émancipation d’autres ne prônaient pas moins la xénophobie, la culture de la haine et le terrorisme.
Les événements du  printemps arabe et l’expansion fulgurante des mouvements sociaux démontre à l’évidence la sensibilité et la perméabilité de l’espace culturel et politique favorisé par les moyens modernes de communication notamment par télévision satellitaire.
L’immigration constitue également un moyen d’acculturation qui a engendré tout autant des problèmes d’adaptation pour les pays récipiendaires d’accueil que pour les émigrés.
Une interaction culturelle et confessionnelle a mis à l’épreuve l’ouverture sociale des pays d’accueil ainsi que des efforts d’adaptation identitaire pour les immigrés. Des défis identitaires se posent également avec acuité pour les pays récipiendaires, dont l’équilibre social se trouve menacé, engendrant un mouvement d’animosité et de résistance au développement des échanges interculturels et à l’immigration.
II Les structures mentales :
La structure mentale : un état d'esprit caractérise l'opinion en rapport au milieu: rural, industriel, d'organisation tribale, urbain, moderne ou traditionnel.
L'ordre des valeurs diffère d'un milieu à l'autre et conditionne l'attitude de l'opinion entre conservatisme, modération, libéralisme, opposition, contradiction ou concurrence.
L'opinion conditionne l'attitude vis à vis de l'autre : son acceptation et son intégration, ou sa répulsion et son rejet.
Le développement socio-culturel,  les facteurs d'appartenance, la classe sociale, la formation socio-professionnelle, les usages et les  coutumes conditionnent la détermination de l'opinion.
III les déterminants de l'opinion :
L'opinion peut revêtir un caractère personnel, de groupe, sociétal ou national. Celle-ci évolue selon ses déterminants qui peuvent être liés à la conjecture de circonstances et de contingences en rapport avec les convictions, les croyances, les engagements et appartenances identitaires, idéologiques, confessionnels et socio-culturels.
IV Domaines d'expression et d'exercice de l'opinion:
L'adhésion conditionne l'expression de solidarité du groupe, sa cohésion et détermine le sens de son action aux niveaux d'implication personnelle et collective : familial, régional, national ou d'orientation politique et sociétale.
L'opinion peut porter au renforcement de la cohésion du groupe social si elle participe à sa valorisation et la satisfaction collective des éléments et composantes du groupe.
Les opinions contradictoires et répulsives si ce n'est d'animosité peuvent conduire à la désintégration du groupe et la dilution des facteurs de solidarité qui l'animent.
-l'universalité et la particularité: l'opinion s'inscrit dans le cadre d'implication de l'individu en rapport à son adhésion aux valeurs universelles tel que les droits de l'homme et les libertés fondamentales sous-jacentes ainsi qu'aux convictions personnelles propres à son milieu et à son développement éducationnel et culturel.
V l'implication citoyenne : les cadres d'expression de l'opinion.
Les espaces de confrontation de l'opinion dans le processus de prise de décision.
L'opinion est l'un des ressorts de la prise de décision, de l'adhésion du citoyen à un programme politique communautaire. L'engagement, s'il est conditionné par l'opinion soumise aux pressions psychologiques, sociologiques, environnementales de détermination de l'individu par la persuasion, l'argumentation contradictoire, l'autorité morale, hiérarchique, de conscience, d'allégeance/appartenance au groupe considéré.
Cette implication est également motivée par l'intérêt de l'individu autant pour sa protection, son soutien moral et matériel, que par le réconfort moral qui sanctionne la conscience de solidarité identitaire.
VI L'opinion un moyen d'évaluation, un outil démocratique de prise de décision:
Un moyen d'évaluation qualitative:
L'opinion revêt souvent une forme d'évaluation qualitative sur la base d'échelles de valeurs positives et négatives d'appréciation et de dépréciation, d'ordre moral, éducationnel, culturel, et civique.
Au plan quantitatif :
 L'opinion trace la différenciation d'appréciation entre des choix décisionnels entre des programmes ou des personnes.
Les sondages d'opinions permettent d'évaluer le degré d'adhésion d'une proportion de la population, d'une région, ou au plan national en faveur de certaines options.
Le sondage d'opinion permet, également, d'évaluer l'orientation majoritaire prépondérante du groupe en question.
Cette technique permet de départager entre les parties par une contradiction d'idées pour la  prise de décision directoriale par le système de votation prévu par les statuts et les lois le régissant.


                          Abdelaziz Babacheikh

lundi 27 octobre 2014

Ambivalence d'une cohabitation de contrainte.

Le mode de scrutin tel que défini par le nouveau code électoral et l'organisation des pouvoirs définie par la  constitution de janvier 2014, soumettant la formation du gouvernement à la  majorité parlementaire, nécessairement plurielle, ne peut être formé sans des compromis de programmes et de choix sociétaires.
Un projet démocratique se profile,  porteur d'espérance de coexistence, ne comportant pas moins une menace de blocage de formation, tenant compte  des différences de projections sociétales, plutôt qu'un catalyseur permettant la conjugaison des efforts devant les défis vitaux que devra affronter la nation, au lendemain d'une période de transition de division, contreproductive, si l'on exclut la démarche quadripartite de dialogue national.
Les limites d'une division de blocage, que les clivages du paysage politique laissent entrevoir ne cachent pas moins une contradiction stérile de vision d'avenir, d'opposition que de complémentarité de projets. L'électorat, partagé ayant  renvoyé dos à dos les protagonistes d'une compétition dichotomique de projection de  société, d'une approche identitaire.
Si les choix économiques se rejoignent et les programmes et projections présentent plusieurs similitudes, la sensibilité sociétale consacre une antinomie de démarche identitaire et de disponibilité quant aux exigences nationales, régionales et internationales, antagoniste.
Seul l'abandon de l'esprit d'exclusion, du sectarisme, le renfermement identitaire, et le  cloisonnement peut conforter l'idéal de rassemblement, dans la cohésion et le respect stricte de la différence,  la diversité et l'ouverture enrichissante, réciproquement, est à même de laisser espérer un rapprochement d'approche de développement et de société.
Seuls le dialogue et la concertation, sont mobilisateurs d'énergies, rétablir la modération du débat sur les choix fondamentaux, ne peut souffrir les acoups que les égoïsmes peuvent constituer, portant  un frein aux initiatives immédiates que nécessitent  les attentes d'une reprise et les exigences de remettre le pays sur l'orbite de la création et de la réhabilitation.
Le fardeau est lourd à porter d'une hésitante transition, une certitude s'impose pour un renouveau national, une mobilisation constructive voir une unanimité constructive en vue d'assurer la sérénité du climat politique et social devant l'acuité des défis appelant  la reprise, sans tarder, de l'action de développement solidaire, en se départissant de l'esprit de division et de contradiction.
La lutte contre les fléaux du terrorisme et son corollaire la corruption restent la priorité primordiale à toute reprise économique, permettant une revalorisation du travail et de reconstruire  une véritable solidarité nationale.
Ressouder le front national, par le dialogue et la concertation reste la seule voie passante, le discours de la haine et les égoïsmes fallacieux d'une exubérance populiste sous le masque de fausses valeurs revanchardes ne peut être mobilisateur.
Un mot clé est au centre du projet de rénovation, rétablir la confiance au pays et en ses enfants quant à leur destin national, nécessairement solidaire et commun.
Remettre les institutions en marche pour servir, uniquement, les intérêts supérieurs de la nation, assurer une éducation de qualité garantissant la promotion sociale et la réalisation efficiente des projets de développement occupe une place prioritaire dans l'action du prochain gouvernement, nécessairement d'union nationale et non de division, de suspicion et de crainte rétrograde.
Assurer la cohésion entre les besoins nationaux et de placement de compétences, en vue de résorber le fléau du chômage, sur les plans régional et international, par une valorisation des programmes d'enseignement et de formation, est d'une acuité nationale.
Mettre à niveau notre industrie, en vue d'assurer une meilleure compétitivité régionale et internationale, tout en développant l'intégration verticale et horizontale au niveau national, en améliorant le climat social et l'environnement de notre économie, occupera une place de choix au centre du projet de développement économique et social de notre  pays, dans cette phase cruciale de sa révolution, l'espoir est permis l'optimisme est prévalant.

samedi 25 octobre 2014

Transition.

Que d'événements, depuis le mois d'avril 2014, des élections en Libye, et deux gouvernements, deux parlements, une capitale(Tripoli) aux mains des vaincus(aux élections), qui s'y installent non par la légitimité, du droit, mais par l'usage de la force, ce n'est pas l'anarchie qui prévaut, mais la guerre civile, et la dissémination de bandes armées, d'affirmation tribale et sectaire, de seigneurs de la guerre, que de légitimation populaire, des zapatistes en herbe sans zapata, sans idées, sans projets, sans programmes d'affirmation d'égoïsmes gonflés, de vide que de valeur.
Au Yémen, le réveil de tous les démons, allant du séparatisme, au sud et le rêve du rétablissement de la République Démocratique au Sud Yémen et le retour aux anciennes figures du passé, Salem El Bidh, l'ancienne bannière sudiste; au Nord c'est le rêve pré-républicain qui resurgit et remet en cause tout autant la révolution que la République, les séditionnistes Houthi de Saada, au nom d'une légitimité théocratique doctrinaire se remettent en rang de combat bénéficiant de la division tribale, et des combats de réglement de compte de la transition, l'érosion du pouvoir intérimaire, à la recherche de compromis de légitimation de pouvoir central rongé par les contradictions de projets allant d'une nébuleuse agissant pour le rétablissement du Kalifat, et l'application de la "Chariaa" (doctrine du prophète mahomet, reposant sur le Coran et sa tradition) face à l'affirmation partisane politique avec ses différentes composantes, du Congrès Populaire Général, présidé par l'ancien président de la république, Ali Abdallah Salah, dont le président intérimaire en assume la vice présidence Abderabbou Mansour Hédi. le Parti des frères musulmans Islah, se réclamant de la modération politique, l'ouverture et la composition avec le pouvoir, dans le cadre du rassemblement Commun(اللقاء المشترك) comprenant notamment le parti socialiste de Nooman, s'inscrivant dans le scillage de la légitimité de l'Union, la révolution et du régime républicain face aux réminences du rétablissement de "l'Imam" Wilayet El Fékih" pronée par les Chiîtes Zeidites d'obédience monarchiste, réclamant la légitimité de régner sur aussi bien le Nord que le Sud du Yémen, mais également sur tous les pays du CCGolfe dont essentiellement l'Arabie Séoudite-Wahhabite.
En Syrie, et en Irak, c'est le danger que fait peser l'affirmation du mouvement de rebellion armée, se réclamant de l'EI qui menace tout aussi bien les Etats, que les minorités de la région, que la tradition, s'il menace les chiites, en Irak, Iran, Liban, Syrie(Alaouite), il ne constitue pas moins une menace pour les wahhabites de l'Arabie Séoudite, les Kurdes, les Yézidites, les intérêts occidentaux, les Etats séculaires de toute la région.
Ses tentacules se font menaçantes, également en Afrique du Nord, prenant à contre pied les régimes établis à la faveur de la débandade d'autorité à la faveur de l'ode du printemps arabe sur des états fragilisés par un déficit démocratique, et de leur légitimité de projets politiques, économiques et sociaux et d'une quête d'affirmation d'identité de division et de choix de valeurs entre traditionnalistes, modernistes, idéologies d'emprunt, et convictions sectaires.
En Tunisie, l'illusion démocratique d'une mosaïque d'affirmation politique se revendiquant de la révolution et de ses valeurs, de la tradition fondamentaliste, de l'ouverture, des aspirations contradictoires ne peut cacher l'ombre d'une menace dont l'évolution dans la région et la présence dans nos murs, de terroristes ne peut nous cacher la menace réelle qu'elle présente  et qu'elle fait peser sur  le devenir de la nation.

dimanche 13 avril 2014

Hommage à un éducateur, Frej Chadli

Directeur au Lycée de Grombalia, il s'est lié d'amitié avec feu mon gendre le Colonel El Ajmi Hédhili, qui était le premier directeur de l'école de la Garde Nationale de Bir Bouregba, ils se sont depuis liés d'amitié, et les deux familles ont depuis échangé les visites, malgré, toutes les vicissitudes.

Il a visité notre ambassade à Koweït, après l'occupation et la libération de ce pays, alors que j'étais chargé d'affaires de l'ambassade, les koweitiens lui vouaient une grande estime, pour sa profonde culture, et son expérience dans le domaine de l'éducation..

Il a conduit la délégation tunisienne à la Conférence Générale de l'Unesco, qui s'est tenue à Belgrade (Vingt et unième session Belgrade, 23 septembre - 28 octobre 1980) . Mahmoud Messaadi fesait partie de la délégation tunisienne, à cette session, qui devait consacrer l'élection de Mahmoud Messaadi, au Bureau Exécutif de cette organisation.

Je garde en mémoire, une intervention remarquée de Ahmed Sekoutouré, dans ce cadre, qu'il a commencé en faisant emprunt d'argument, que tous les animaux, à leur naissance pouvaient se déplacer et marcher d'eux-mêmes , alors que l'homme dès sa naissance a besoin d'autrui pour sa subsistance et son existence.

Frej Chadli a été éprouvé par la mort de son fils Haïthem, que je connu à Sadiki, ravi à la fleur de l'âge, que Dieu les accueille dans son éternel paradis et sa gracieuse miséricorde, et puisse-t-il apporter son réconfort à sa famille et à ses amis.

 Avec mes sincères condoléances attristées, à Dieu nous appartenons et à Dieu nous revenons.

Difficultés économiques et immigration.

Un jour De Gaulle, auquel Mohamed Masmoudi, dépéché par Bourguiba est allé  plaider la cause de la Tunisie, avant les événements de Bizerte, interjeta, vous avez des difficultés à combler vos besoins essentiels, venez tous, je vous réserverai un département et je subviendrai à tous vos besoins(événements relatés par Si M'hamed Chaker).

. Je venais de lire un article sur les difficultés économiques de la Tunisie. en bas de l'article, une insertion publicitaire, pour l'immigration vers le Canada, mon cerveau n'a pu s'empêcher de faire le lien, en trouvant la solution dans la promotion publicitaire, dont l'insertion ne me semble pas fortuite, au bon moment à la place qui convenait le plus.