jeudi 1 novembre 2012

De la confrontation belliqueuse au débat citoyen



La transition a mis à nu les clivages des rémanences dans la conscience collective du phénomène de l’appartenance, dernier rempart de défense de l’identité du groupe social aux niveaux local et régional.
L’instinct d’auto défense  devant la recrudescence de l’insécurité et de l’absence de l’autorité outre l’évidence de son incapacité à défendre les symboles du pouvoir matérialisés par ses représentants locaux et régionaux  et de ses instruments d’action à savoir la police, la garde nationale et l’armée.
Acculé à ses derniers retranchements pour la défense de sa survie et de ses intérêts vitaux, la famille et la tribu s’est présentée en tant que le seul moyen de sa défense.
L’immunité du voisinage, sacrée de coutume et de tradition s’est trouvée mise à rude épreuve devant cette menace, les alliances familiales n’ont pu empêcher le recours fatal à la violence pour défendre les intérêts individuels, l’élimination de l’autre s’est imposée, en tant que seule voie et moyen de défense des particularismes locaux.
L’on a vu à Métlaoui, les clivages se creuser au point de mettre à l’avant la famille à la tribu les qualifications de Ouled s’est vu prononcée et nuancée, allant jusqu’à renier les alliances non co-sanguines.
Un climat d’insécurité, de méfiance, de haine, de suspicion, et d’animosité a suppléé les rapports de bon voisinage. Le chacun pour soi a prévalu à la ferveur de la fraternité de coutume.
Seule la neutralité de la force publique et de son action équitable pour les intérêts communautaires est à même à décanter une atmosphère électrisée de rapports tendus en l’absence de l’autorité publique garante de la sécurité collective à égale distance de tous les particularismes.
La remise en confiance citoyenne en l’arbitrage de l’autorité conformément à la loi et à la réglementation sans favoritisme, népotisme ou corruption est le seul moyen pour le rétablissement de l’autorité.
L’acuité des besoins économiques et sociaux, notamment à l’intérieur du pays, est là pour nous imposer une remise à flot de l’appareil productif et de parer au plus urgent par l’instauration du dialogue et  la concertation, par la participation de toutes les composantes sociales et de toutes les sensibilités dans la fixation des priorités et la mobilisation des moyens nécessaires pour leur mise en œuvre selon les priorités convenues.
Outre la prise en charge publique de la réalisation des infrastructures selon les programmes à mettre en œuvre devant tenir compte des dotations en facteurs de production et en compétences conformément aux données intrinsèques de chaque région.
L’engagement aux niveaux local et régional de la concertation la plus large possible impliquant les autorités publiques et les composantes de la société civile est la seule à même d’enclencher un dialogue serein devant décanter les surenchères revendicatives et l’exploitation malveillante de doléances légitimes citoyennes en vue de sortir le pays de l’insécurité et de la crise de confiance et de représentativité qu’il traverse.

mercredi 31 octobre 2012

La citoyenneté : les enjeux de la participation, dans l’apprentissage de la démocratie républicaine.



La dissolution du RCD à l’aube de la transition devait consacrer la libération des énergies et des idées participatives auparavant contrariées par la centralisation du Parti-Etat.
Remettre le pays en confiance,  relancer l’esprit de concurrence et l’acceptation du principe de l’alternance qui devait marquer la transition  n’a malheureusement jamais prévalu.
L’exclusion a été le seul moteur de mobilisation souvent au service d’idéologies et de préceptes dogmatiques sans maître à penser, dépendant souvent de centres de pouvoir, s’impliquant dans leur financement et leurs orientations, au service de causes occultes dont ils ne maîtrisent ni les tenants ni les aboutissants.
Sous couvert d’identité, les uns se vouent à la cause ouvrière, les autres au nationalisme avec ses différentes couleurs d’obédience nassérienne, baathiste, unionistes, arabo-islamistes, islamistes, les féministes, les anti féministes, les jihadistes, anti-colonialistes, conformistes, réformistes, chiites, américanistes, anti-américanistes, régionalistes, africanistes, modernistes, traditionnalistes, socialistes, capitalistes, libéraux, communistes, castristes, maoistes, et tous les istes se retrouvent sur cette portion congrue de l’Afrique du Nord, sans oublier les bourguibistes, les youssefistes, les destouriens, les néo et les archéo et j’en passe.
Les dogmes se sont transformés en identité que chaque groupe essaye d’imposer au reste. Pas moins de cent quarante partis politiques ont ainsi vu le jour dont une quarantaine dit-on, d’orientation pro destourienne.
Au cœur des différences une recherche d’affirmation plus de personnes que d’idées, une quête de positionnement politique et sociale au détriment de l’intérêt national et de l’émergence d’un nouveau projet mobilisateur.
Au sein de la majorité relative formant l’Assemblée Constituante, au bout de moins d’une année les dissensions et les dissidences sont devenues une constante du paysage politique en décomposition.
Parmi les plus déterminés, les surenchères divisent et mettent plus au pied de guerre qu’ils ne rassemblent. L’organisation de direction centralisée, sans réelle ouverture, n’est pas de nature à favoriser l’adhésion sur la base de la conviction, seuls les nouvelles recrues d’opportunistes vient renforcer leurs rangs, sans projet commun les mobilisant.
Ce dont le pays a le plus besoin dans cette phase de transition, c’est de conforter notre identité citoyenne, et les valeurs républicaines, au-delà des couleurs et des particularismes.
La dignité citoyenne doit être au centre du nouveau projet de société, la fierté d’être tunisien, d’assumer sa tunisianité marquée par l’ouverture d’esprit et de cœur, la solidarité et les valeurs d’hospitalité légendaire arabo-musulmane.
L’égalité de tous devant la loi, en droits et en devoirs, la participation à l’édification de la prospérité commune et en bénéficiant de ses richesses en rapport avec son apport à les faire fructifier.
Prendre part aux niveaux local, régional, et national à l’édification dans tous les domaines, par le biais de la concertation et le dialogue sur les questions intéressant la gestion présente et aux projections  communes, politiques, économiques, sociales, culturelles, éducationnelles et de la formation.
Aucun tunisien ne peut se prévaloir et s’accaparer les attributs de l’identité nationale arabo-musulmane, ni de clivage régional de race ou sectaire.
La concurrence ne peut porter que sur les projets d’émancipation politique, économique et sociale du pays permettant son développement intégral.
Le processus démocratique ne peut être mis en marche sans le respect réciproque de l’apport citoyen à la Cité sans discrimination de sexe, de couleur, de religion, de niveau d’instruction, citadin ou rural.
La confrontation d’idées devra reposer sur l’acceptation de l’avis de l’autre qu’on la partage ou pas, de pondérer les contributions à la lumière de leur impact et de leur apport à l’intégration du pays dans son milieu géo-politique et stratégique, dans l’intérêt de toute la communauté et de ne point sanctionner l’avis contraire, auquel nous devons respect et considération, non la suspicion.
Minorité d’aujourd’hui, peut-être majorité de demain, le jeu démocratique tout en favorisant la prévalence de la majorité relative, nous dicte le respect des idées opposées aux nôtres.

mardi 30 octobre 2012

Légalité et légitimité


Légalité et légitimité.

La légalité et la légitimité se rattachent à la licéité de l’action dans tous les domaines : politique, économique, social, culturel, éducationnel, scientifique, du savoir et du pouvoir.
Elle représente souvent une parade à l’arbitraire, l’absolutisme, constituant un instrument juridique de défense du cadre des échanges et des rapports aux niveaux national, social et international.
Tout ce qui est légal est à priori légitime, alors que tout ce qu’on considère de légitime n’est pas forcément légal. La légalité ayant trait à la conformité de l’action à la loi, la réglementation et aux normes juridiques.
La légitimité se réfère souvent à la légalité, un pouvoir est légitime s’il répond à la légalité de sa formation, dans ses attributions, et ses compétences et par là de son action.
Les usages et les coutumes forment également la légitimité des rapports et des pratiques. La société ne peut s’accomoder de la prolifération du désordre, engendré par l’illégalité et l’illégitimité.
L’illégitimité prend sa source dans l’usurpation de la volonté populaire et de la représentativité des corps constitués aux niveaux local, régional et national. La représentation internationale du pouvoir ainsi constitué ne pourrait se prévaloir de la légalité internationale en dérogeant à la légitimité au plan national.
La constitution constitue le cadre légal de l’exercice du pouvoir dans les limites territoriales de l’Etat. Elle représente la référence suprême quant à la légalité des lois et règlements qui lui sont conformes dans leur lettre et leur esprit.
Elle préside à la fixation des limites de compétences et de prérogatives des différents pouvoirs et de leurs mécanismes de contrôle et de responsabilité.
Toute action non conforme aux dispositions légales est sanctionnée d’irrégularité et de nullité, sous le gouvernement d’une voie de recours entre les institutions républicaines de contrôle.
Les conflits d’attributions, de compétences et quant à la licéité de l’action intéressant aussi bien les gouvernants que les citoyens sont régies par la cour constitutionnelle qui sanctionnera à posteriori l’application de la loi. Celle-ci  contrôle la constitutionnalité et veillera à la conformité de l’action du législateur aux normes constitutionnelles  de compétence et d’attribution.
Les normes de la légalité internationale peuvent s’imposer à la légalité et à la légitimité nationales. L’Etat devant répondre de sa responsabilité quant à la protection des  droits des autres sujets et acteurs du droit international.
Ainsi le libre passage pacifique dans les eaux territoriales et de l’espace terrestre national, bien que répondant à l’assentiment de l’Etat intéressé et aux normes des conventions internationales et bilatérales régissant  l’action dans cet espace, ne saurait entraver le transit par son espace pour le commerce international et le transport de personnes, de biens et de services.
Les droits de l’homme constituent de plus en plus des domaines de compétence supranational engageant la responsabilité des pays concernés et leurs citoyens ainsi que l’intervention de la communauté internationale pour faire respecter ces droits universels au détriment de la compétence territoriale de l’Etat.
La protection de l’environnement et des richesses naturelles halieutiques, des espèces migratoires, les espèces menacées d’extinction répondent souvent de législations internationales, régionales et sous-régionales.
Ainsi, la légalité et la légitimité de l’action nationale se trouve-t-elle de plus en plus limitée par la responsabilité aussi bien dans le cadre régional  et international des acteurs nationaux permettant une normalisation universelle dépassant les intérêts nationaux.
La lutte contre les phénomènes de pollution, de piraterie, de terrorisme, ainsi que la protection des droits de l’homme sont-ils de plus en plus soumis au droit d’ingérence, au nom de l’assurance des valeurs universelles internationalement reconnues et garanties par la communauté internationale au détriment de la souveraineté nationale, dans l’intérêt bien compris de la légitimité de cette protection au détriment de la légalité nationale.
C’est dans ce cadre que s’est inscrite l’intervention américaine au Panama à Haïti, au Kosovo, en Irak, en Afghanistan, et en Libye…Ces actions sont tout à fait légitimes et légales au plan international, compte tenu de leur couverture par des mandats du Conseil de Sécurité des Nations Unies, bien que,  soumises à l’appréciation du droit des Etats à disposer d’eux-mêmes, elles ne sont ni légitimes ni légales, contrevenant au principe de non ingérence dans les affaires intérieures, d’un pays indépendant, consacré par la Charte des Nations Unies.
L’action de coalitions en vertu du Chapitre 7 de la Charte des Nations Unies, en Irak et dans d’autres parties du monde s’inscrivent dans ce contexte de conflit d’appréciation et de considération de légalité et de légitimité entre les valeurs universelles et nationales, d’indépendance et de souveraineté.
Il en est ainsi de l’action qui se trame au Nord du Mali ainsi que de celles conduites auparavant dans d’autres régions du monde, compte tenu de la  menace qu'ils présentent à la sécurité internationale et aux intérêts bien compris des puissances dominantes de par le monde.

mardi 25 septembre 2012

La complémentarité entre l'attraction et la répulsion.

Autant le paradis présente d'attraits que l'enfer en compte de répulsion. Dans les domaines familial, social, politique et notamment sentimental l'amour et la haine forment souvent les deux faces d'une même monnaie, deux visages d'une même passion.
L'adhésion à un projet politique et social est souvent soumise à la passion plus qu'à des considérations de raison. La mémoire d'histoire, parfois, l'intelligence d'être, la liberté de pensée et le libre arbitre ont souvent motivé nos choix de société, la forme ayant parfois prévalu à la réflexion de fond, même que l'habit ne ferait pas le moine, il n'en constitue pas moins la perception.
De mémoire on associe l'accoutrement à l'action de celui qui le porte.
L'illustration du diable, dans la légende biblique, avec une tête de bouc si ce n'est celle d'un cerf s'est encastrée dans notre sub conscient, dans notre conscience de la sanction d'action portant notre répulsion de la forme autant que de l'action.

lundi 24 septembre 2012

L'Union du Maghreb Arabe: un projet d'intégration maghrébine contrarié.

L’Union du Maghreb Arabe : un projet d’intégration contrarié.

Une ambition populaire, une quête des partis politiques, à l’aube de l’indépendance du Maroc et de la Tunisie, la conférence de Tanger  se  tient le 27 avril 1958, mise à rude épreuve par l’interception de l’avion qui devait  conduire les dirigeants du FLNA  à la conférence par les autorités françaises et leur incarcération.
Présenté en tant que jalon régional dans la construction de l’unité arabe, projet au centre des aspirations populaires mais critiqué par les nationalistes extrémistes, pour lesquels, il n’est d’indépendance que celle de l’ensemble de la région.
Une union sacro-sainte de l’Atlantique au Golfe Persique, fut le rêve et le centre d’une mobilisation, pour  la réalisation des aspirations à une prise de contrôle par la nation arabe de son destin, de retrouver sa dignité, après l’affront de l’occupation de la Palestine et de l’asservissement de son peuple et son avilissement, le réduisant au statut de réfugiés disséminés, dans des camps de fortune entre les pays de la région.
Au cœur de l’action pour la libération de la Tunisie, une querelle fratricide fut enclenchée, opposant la vision d’une stratégie des étapes, qui devait sceller une démarche, à celle du tout ou rien des tenants du nationalisme arabe, idée dominante à l'époque, pour lesquels cette démarche constituerait une trahison de la cause pour l’indépendance algérienne.
Clivage stratégique qui devait être quasi fatal au mouvement de libération, détournant la lutte, d’une mobilisation pour l’indépendance à une guerre d’idéologies et de leadership.
La raison ayant prévalu à la passion nationaliste, d’autant que les résultats ont conforté la démarche par étapes aux vues stériles globalistes.
L’indépendance de la Tunisie, ainsi que celle du Maroc ont été d’un grand apport pour le soutien de l’indépendance algérienne, lui offrant un point d’appui et une base arrière pour  une mobilisation de combat contre l’occupant, dans lequel la Tunisie a payé le lourd tribus du sang à Sakiet Sidi Youssef, puis pour la libération de Bizerte des forces d'occupation.
Poursuivant sa démarche pragmatique positive pour la construction maghrébine, et mettant à profit le recouvrement des pays maghrébins de leur indépendance, la Tunisie s’est faite forte de contribuer à la relance de la construction de l’espace nord africain en abritant le CPCM( Comité Permanent Consultatif Maghrébin) dont le Secrétariat Général fut assumé par un militant de la cause de l’Union du Maghreb Mustapha Filali.
Plusieurs institutions ont été mises en place par cette instance: dont celle à Tanger pour les Etudes Industrielles Maghrébines, (Centre des Etudes Industrielles du Maghreb), les instances réunissant les Directeurs Généraux des douanes des pays membres, les PDG de Sociétés d’électricité, les PDG des chemins de fer, les gouverneurs des banques centrales maghrébines….
Des projets industriels maghrébins ont été lancés, devant faciliter l’intégration économique aux frontières communes, ainsi des usines de ciment blanc, de verre plat, de tracteurs, de moteurs diesels, au capital mixte ont été créées au nord ouest tunisien, soutenus par une clause leur donnant la priorité d’approvisionnement du marché maghrébin, dans la limite de 10% de coût supérieur à celui du marché mondial, cette clause n’a pas été suivie de mise en œuvre mettant ces industries naissantes à rude épreuve et aboutissant à leur liquidation progressive, d’autant que l’Algérie avait lancé des projets concurrentiels sur son territoire arguant de la dimension de son marché et de la sécurisation de  son approvisionnement.
Les instances de concertation sectorielles dans les domaines de l’électricité, de la douane, du transport ferroviaire, des banques centrales ont survécu à la dissolution du CPCM et par la suite à l’entrée de l’UMA en hibernation.
Les rivalités entre le Maroc et l’Algérie inhérentes à la décolonisation par l’Espagne du Sahara Occidental et du Statut de son territoire fut le point de départ pour l’avortement du CPCM(1975) puis pour remettre en question la construction de l’UMA.
Le 17 février 1989 a vu la naissance à Marrakech de l’UMA entre les cinq pays de cet espace : la Mauritanie, le Maroc, l’Algérie, la Tunisie et la Libye, une construction basée sur le principe de taire les divergences et  d’aller de l’avant pour les projets rencontrant l’adhésion de toutes les parties.
Un Secrétariat Général est créé abrité par le Maroc et dont la fonction est assumée par l’un de nos nationaux, tenant compte de notre engagement sincère pour la construction de cet ensemble et écartant les rivalités de puissance et d’influence entre l’Algérie et le Maroc, centre de poids autour duquel gravite ce projet.
Un parlement à Alger (Conseil  Consultatif,Choura),  une Commission Judiciaire à Nouackchott,  , une Université et une Académie Maghrébine, à Tripoli, et une banque maghrébine d'investissement et de commerce extérieur que devait abriter la Tunisie, sont les principaux organes prévus par les actes constitutifs de l'union.
Toutes les instances de l’Union ont été mises en œuvre, à l’exception de la Banque que devait abriter la Tunisie.
Tous les Actes Constitutifs de l’Union et de ses organes, signés à Marrakech, lors du premier sommet de l’UMA et ratifiés par les pays membres, n’ont jamais été ratifiés par le Maroc, qui en garde les originaux dans ses coffres, mettant tout l’édifice, en marge de la conformité juridique lui donnant une force exécutoire.
Il en est de même des trente cinq accords passés, tout au long des six sommets de l’Union signés mais non ratifiés par le Maroc, ainsi que de ceux qui attendent leur signature lors du septième sommet.
Le seul organe décisionnel de l’UMA se trouve le Conseil de la présidence, dont le dernier en date à se réunir fut tenu à Tunis couronnant la présidence tournante de l’UMA par la Tunisie 2-3 Avril 1994.
Le septième sommet ne s’est depuis jamais réuni, le Maroc mettant un préalable à tout projet commun, l’abandon par l’Algérie de son soutien au Polisario, dont il tient sur son territoire un camp de réfugiés et n’a eu de cesse de porter la question devant le Conseil de Sécurité des Nations Unies, au Comité pour la décolonisation.
Les frontières entre le Maroc et l’Algérie sont fermées, depuis, outre le gel des activités de l’UMA, ballotée entre une présidence provisoire par l’Algérie, vu le désistement  de la Libye à assumer sa présidence tournante après la Tunisie, en raison d’un long embargo mettant ce pays dans l’incapacité de conduire l’ensemble régional.
A la levée de l’embargo la Libye a repris la direction de l’UMA avec des projets illusoires  d’en assurer la remise en marche, par une direction effective par Kadhafi des forces armées des pays la constituant.
L’avènement du printemps arabe remet à l’ordre du jour le projet maghrébin.
Une euphorie a cependant caractérisé les propositions généreuses et irréelles tunisiennes allant de l’idée de la fusion tuniso-libyenne, l'appel lancé à l'Egypte d'intégrer l'Union, de la mise en application des cinq libertés en faveur des citoyens maghrébins, dont l’ouverture des frontières et de leur passage sur simple présentation de la carte d’identité,  proposition rejetée par toutes les parties concernées.
Une erreur fatale devait entacher l’initiative d’appeler à la tenue d’un sommet annoncé lors de la tournée de Marzouki, en Mauritanie et au Maroc, au dam de la direction algérienne qui ne voulait l’entendre de cette oreille.
Sommet qualifié par l’un de ses initiateurs, à savoir le MAE marocain, de sommet de pure forme, il en diminue l’apport, la signification, et la portée à la pré condition de l’ouverture des frontières entre l’Algérie et le Maroc, question que renvoie l'Algérie au plan strictement de négociation bilatéral, entre les deux pays.
 Au préalable de l’expression de la bonne foi et l’abandon par l’Algérie de sa position sur le Sahara Occidental, considéré territoire national marocain, l'Algérie rétorque qu'elle s'en remet à la légalité internationale et le plan de l'ONU, sur cette question.
Perçue en tant que manœuvre électoraliste, d’une instance qui manque de prérogatives et de compétences de pouvoir, la proposition de tenir le sommet maghrébin est autant irréelle qu’irréaliste, elle n’avancerait à rien le processus de réanimation de l’UMA, sinon de mettre à nu les divergences et les dissensions et de conforter les ego de ses initiateurs.
A l’utopie et l’ouverture de cœur d’un nationalisme suranné, sanctionné par les faits d’histoire de notre pays, et les dissensions entre les pays arabes,  au rêve d’une restauration du Khalifat, et la réduction des citoyens au statut de sujets et la négation du processus démocratique, la Tunisie semble se placer en marge de l’histoire, départie de ses principes, de ses constantes de raison, de modération d’ouverture et d’engagement civilisationnel universel, pour des théories de compromission de son indépendance, d’antagonisme social de division (   التدافع الإجتماعي)
Une fuite en avant sur les plans régional et international caractérisée par la légèreté dans la prise de certaines décisions, dont la rupture avec la Syrie et l’affaire de la remise de l’ancien premier ministre Libyen aux autorités de transition, dans ce pays, les jugements "hâtifs" à posteriori,  de la politique suivie par l'Algérie, face au phénomène fondamentaliste,  portant préjudice à notre image de marque et notre audience maghrébine et internationale, la Tunisie ne cesse de récolter les contre performances de son dérapage au virage de sa transition.

lundi 10 septembre 2012

Pour un Plan Marshall en faveur de l'emploi en Tunisie, les fondements et les fondamentaux.

La question de l'emploi est une question tout autant de portée nationale qu'internationale, si elle est au centre de nos préoccupations nationales: politiquement, économiquement et socialement, elle ne se place pas moins dans le spectre sécuritaire du pays, de la région et au niveau international.
Le spectacle désolant de boat people dont on avait écho dans notre mémoire, du passé révolu, au Sud-Est asiatique, intéressait l'Afrique noire, des zones en guerre, de famine, il intéresse désormais de plus en plus de pays maghrébins.
Une zone de toutes les richesses d'idées, de civilisation, de jeunesse et de vie.
Ne nous attardons pas sur la question de l'adéquation entre la formation et le marché de l'emploi, sur la qualité de l'enseignement et de la formation professionnelle.
L'emploi est la résultante d'une capacité de production, d'une maîtrise, d'un produit ou d'un service pour un marché demandeur rémunérateur.
Il est vain de produire si la demande rémunératrice ne suit pas. Les services appellent des structures d'échange, de valorisation de compétences.
La sous-traitance est l'une des formes de création d'emploi, tout en intégrant l'unité de production, dans une spécialisation et une division du travail internationale, elle lui assure la maîtrise, le savoir faire et le marché. 
Le conditionnement est l'un des secteurs porteurs qui peut allier la production notamment de fruits et le travail artisanal, pour l'exportation de produits: huile d'olive, dattes, agrumes,.. 
Le bâtiment et la construction de logements sociaux resteront une locomotive d'une multitude de spécialités allant de la main d'oeuvre non qualifiée, à l'expertise de conception, d'exécution, de suivi et de commercialisation.
Mieux encadrer le travail artisanal, le rénover et lancer le travail associé avec les grands ensembles de production et de distribution est l'un des créneaux à explorer.
La problématique de la délocalisation industrielle pose la question de la concurrence entre les pays et les marchés récepteurs, une action est à entreprendre sur les plans de la législation et de la réglementation notamment sociale et fiscale, outre de l'engagement de travaux de développement d'infrastructures  d'accueil et de facilitation.
Ce secteur ne pourrait être conçu qu'en tant que solution provisoire de développement, ces industries répondent souvent à des critères de gains immédiats et de mobilité que la situation économique, politique, sécuritaire et sociale du pays concerné peut motiver.
La crise que traverse l'industrie automobile européenne a limité les opportunités de développement des unités de composants mécaniques et électriques rattachées, installées dans notre pays. L'interdépendance entre les maisons mères et les sous-traitants ne permet point une flexibilité de réorientation de la production de composants pour d'autres marchés, et constructeurs.
La maîtrise industrielle variée du Sud Est Asiatique a permis à cette région du monde d'être le pôle d'attraction de la production tant américaine, européenne que japonaise, compte tenu de la proximité des marchés de la région notamment la Chine et les infrastructures de distribution qu'offre le premier port mondial de contenaires Hong Kong .
L'ambition de faire de la Tunisie un pôle financier et commercial sur la méditerranée se trouve fortement compromise par l'élément fondamentaliste que la participation au pouvoir des islamistes compromet.
Un argument de taille pourra peser sur les choix d'investissement étrangers dans notre pays, la détérioration de la situation économique du pays, ainsi que celle de toute la région dudit printemps arabe exacerbant les contradictions sociales et aggravant le chômage ne peut que renforcer les tendances extrémistes et les projets déstabilisateurs que ce soit en méditerranée ou dans le monde.
Les surenchères nationalistes et religieuses ne peuvent porter à l'optimisme devant l'antagonisme croissant sur la question palestinienne et le ravivement  des tensions sectaires.
Les vieux démons régionalistes, sectaires et de catégories sociales peut être ravivé par la crise renforçant les sentiments particularistes aux intérêts de toute la communauté nationale, fragilisant un front intérieur devant les projets déstabilisateurs qui se trament.
Aucun intérêt ne pourra être accordé à notre région dans une telle conjecture. Plus qu'un projet national, l'intégration régionale est une base fondamentale pour tout projet de développement et de stabilité commun, sans arrières pensées idéologiques et hégémoniques.
L'Union Européenne se pose comme modèle de construction qui s'offre à nous et qui ne manquera pas à apporter sa contribution à une telle démarche, jalon principal dans une politique de voisinage d'entente et de coopération mettant l'homme au centre de son projet.
L'ouverture, les droits de l'homme, une société civile régie par l'Etat de Droit garantissant les libertés fondamentales et la citoyenneté, est la base de tout engagement Nord Méditerranéen en faveur de la rive Sud.
Le respect des principes de base de la coexistence pacifique, de la légalité internationale,  des droits des minorités ethniques et religieuses et la Charte des Nations Unies; la solution pacifique des différends, y compris, arabo-israélien, et du droit de tous les pays à disposer librement de leur destin selon leur volonté indépendante restera la base et le cadre de solution des conflits.
Le respect des principes onusiens et des droits citoyens de l'homme restera au centre de tout projet de coopération pour le développement et de lutte contre le chômage et le déséquilibre entre les régions et les catégories sociales prévalant au Nord et au Sud de la Méditerranée. 

سياسة الإحتواء

سياسة الإحتواء: من محاصرة المد الشيوعي لوضع بذور الفتنة في المنطقة العربية.

لقد آل اندحار الإتحاد السوفياتي واحتواء المد الشيوعي في العالم و في أوروبا على وجه الخصوص، لتوجيه المقاومة الإسلامية لاستهداف الغرب بصفة عامة و أمريكا على وجه أخص.
و تحتل الثروة البترولية والغازية و مسالك النقل البحرية أهمية بمكان، كما أن مواقف الدول المنتجة و محيطها الجغراسياسي أساسية بالنسبة للدول المستغلة لهذه الثروات سواء مباشرة باقتنائها أو بصفة غير مباشرة لإعادة استثمار و توظيف عائداتها.

فاغلب الشركات المنتجة تعود في معظمها للدول الغربية و أمريكا تحديدا، كما أن تطوير الصناعات البترولية والصناعات المرتبطة بيد مجمعات عالمية غربية نافذة.

فإذا ما حاولت الولايات المتحدة الأمريكية احتواء المنطقة العربية و ادماجها سلميا في بوتقة التعاون الدولي بإقامة مشروع الشرق أوسط الكبير،  لتجاوز معضلة الشرق الأوسط و النزاعات حول النفوذ والوجود، بين العرب والكيان الإسرائيلي، فلقد باءت أغلب المحاولات إلى ما يشبه حوار الصم.

فإلى جانب الحذر الذي أبدته دول المنطقة العربية لما تضمنه المشروع من تحرير المبادرة السياسية و ارساء التقاليد الديمقراطية والمشاركة و قيم الحرية والعدالة الإجتماعية، فلقد كانت التنظيمات الشعبية غير مرتاحة لأهدافه و غاياته أمام تضاؤل بوادر المشروع الوطني و تنامي الحس العقائدي  في المنطقة أمام تفاقم الإحباط العام لمحدودية المشاريع التنموية و تفاقم الفقر والبطالة وانسداد الأفق أمام شرائح واسعة من المجتمعات العربية.

لقد مثل مجال الديمقراطية و حقوق الإنسان الإقتصادية والإجتماعية والمشاركة والحريات سلاح تدخل قوض المجتمعات التي اتبعت لردهة من الزمن الإشتراكية والمركزية فانهار الإتحاد السوفياتي و حلف فرصوفيا و توالت في هذه الحقبة تداعياتها لتشهد انهيار كافة الأنظمة المستهدفة.

و قد ولدت هذه الفترة مشاريع فوضوية للهيمنة على المناطق العربية، تقدمتها الهيمنة على موارد النفط والثروات العربية بالحرب الإيرانية العراقية واحتلال الكويت و إقامة التحالف الدولي بعتاد و   قيادة وتدخل الحلف الأطلسي لتحرير الكويت بادئ الأمر فاحتلال العراق وتقويض نظامه و إقامة نظام كرس التفرقة الإجتماعية والسياسية و كرس انقسام الجبهة الداخلية و ترسيخ التناحرالطائفي و توسيع الشرخ بين المتناقضات في المنطقة بين الشيعة و السنة و فرق و نحل متناحرة متجافية ومتضاربة.

تحسبهم جميعا و قلوبهم شتى:
وقد أدت الأزمة الإقتصادية الدولية إلى تأجيج الإنقسام والحركات الشعبية وانسداد الأفق لأي تغيير زاد من حدته في تونس انطلاق حملة المناشدة صيف سنة 2010، أي أقل من سنة بعد تنظيم الإنتخابات الرئاسية والتشريعية التي مكنت من رسم آفاقها تحويرات دستورية كرست انسداد أي أمل في التغيير الحقيقي و نهج طريق المشاركة الفعلية والحريات.

آلت التناقضات إلى انفجار الأوضاع بالمناطق الداخلية للبلاد ما فتئت أن تفشت في أغلب المناطق.
وانهارت الأنظمة القائمة الواحدة تلو الآخرى لاهترائها الطبيعي و محدودية تأقلمها لتجاوز الأزمة الإقتصادية العالمية وانغلاق الدول المتقدمة واهتمامها بما يتهددها في محيطها المباشر باليونان، والبرتغال، وإيطاليا واسبانيا دون اعتبار منطلقاتها بانهيار عدة مؤسسات مالية أمريكية وانسداد و محدودية السيولة المالية الدولية و تفاقم العجز الأمريكي الذي بلغ حدودا غير مسبوقة من التداين وانحسار الأسواق والفرص و تقلص تنمية المبتكرات الدافعة للتنمية.

فإذا ما انحسرت التنمية لدى الأسواق العالمية فإن فرص التنمية في العالم الثالث المرتبط بالدول الصناعية يكون لها أسوأ الأثر اجتماعيا واقتصاديا ليعم الركود والجمود الإقتصادي وانغلاق الأفق أمام المبادرة والتشغيل.

وقد مكن انهيار الأنظمة القائمة من تنمية الشعور بالقضايا المحلية والجهوية و تقديم المشاريع القومية والدينية على المشاريع التنموية الإقتصادية والإجتماعية لتتوجه العناية بالأشكال على حساب المضامين مكرسة سياسة احتواء داخلية بفتح جبهات تناحر و تنافر داخلية على المدى المتوسط سوف لن تكون لها سوى تعميق التبعية والإحتياجات وتفاقم التناقضات الداخلية مدعمة تكريس هذه المناطق و خضوعها لنفوذ الدول المتقدمة و تبعيتها معززة مناعتها واستقرارها في ذات الحين. بما يمكن من بلوغ السياسة الأمريكية أهدافها بعد احتواء المد والنفوذ الشيوعي لاحتواء المد الإسلامي و ما وصفته بالإرهاب، الذي تجلت خطورته بأحداث الحادي عشر من   سبتمبر .